La COP30 vient de fermer ses portes à Belém. Pendant que les grands groupes négociaient, qu’est-ce qui change concrètement pour votre PME réunionnaise ? Une chose : vos clients européens (grands comptes, groupes soumis à la CSRD) vont accélérer l’évaluation de leurs fournisseurs critiques. Si vous exportez ou travaillez avec des filiales européennes, vous êtes dans leur ligne de mire.
Le risque n’est pas réglementaire, il est commercial
Le risque n’est pas la conformité réglementaire directe. La CSRD ne s’applique probablement pas à vous. Le risque, c’est commercial : vos clients vont vous envoyer des questionnaires ESG que vous ne savez pas remplir. Sans Bilan Carbone documenté, sans politique RSE formalisée, sans calcul de votre Scope 3 transport, vous n’êtes plus éligible. La perte n’est pas une amende, c’est votre contrat.
Ce qui s'applique vraiment à vous
La CSRD impose aux grandes entreprises européennes (plus de 250 salariés ou 50M€ de chiffre d’affaires) de reporter leurs impacts ESG, y compris ceux de leur chaîne de valeur. Traduction : si vous êtes fournisseur d’un groupe soumis à la CSRD, il doit évaluer vos émissions carbone, vos pratiques sociales, votre gouvernance.
Les trois exigences qui arrivent :
Votre Bilan Carbone Scopes 1-2-3 : combien de tonnes de CO2 émettez-vous ? Votre Scope 3 transport : combien de CO2 pour livrer vos produits en Europe ? Votre trajectoire de décarbonation : comment allez-vous réduire de 20 à 30% d’ici 2030 ?
Ce n’est pas de l’ESG volontaire ou de la RSE engagement local. C’est une obligation contractuelle de vos clients. Pas de données, pas de contrat.
À La Réunion, le défi s'appelle Scope 3 transport
À La Réunion, le défi n’est pas le Bilan Carbone global, c’est le Scope 3 transport. Un conteneur maritime Port-Réunion vers Le Havre sur 9 000 km émet 2 à 3 tonnes de CO2. Si vous exportez 100 tonnes par an de marchandises, votre empreinte transport peut représenter 70% de votre empreinte totale. Vos clients européens veulent ce chiffre par produit livré.
Les contraintes spécifiques de l’océan Indien ne disparaissent pas. Dépendance au transport maritime sans alternative terrestre comme en métropole. Distances massives, 9 000 km contre 500 km pour un fournisseur français continental. Données transitaires parfois incomplètes, facturation au volume et pas au poids. Vos clients le savent. Mais ils veulent voir que vous documentez ces contraintes et que vous cherchez à optimiser.
Commencez par identifier vos clients à risque
Prenez 2 heures pour lister vos clients qui sont des groupes européens de plus de 250 salariés ou 50M€ de chiffre d’affaires. Si un client représente plus de 20% de votre CA, il vous considère comme fournisseur critique. Si vous avez déjà entendu « ESG », « durabilité » ou « CSRD » dans vos échanges avec lui, c’est qu’il prépare son évaluation fournisseurs.
Ces clients vont vous envoyer un questionnaire ESG dans les 6 à 12 prochains mois. Anticiper maintenant vous donne un an d’avance.
Ensuite, calculez votre Scope 3 transport
Contactez votre transitaire et demandez le poids total expédié vers l’Europe sur l’année écoulée, la distance moyenne Port-Réunion vers le port européen, et le mode de transport utilisé. Avec ces trois données, vous appliquez le facteur d’émission Base Carbone ADEME pour le transport maritime conteneur : 0,011 kg CO2 par tonne.km.
Exemple concret : si vous expédiez 50 tonnes sur 9 000 km, vous multipliez 50 × 9 000 × 0,011 = 4,95 tonnes de CO2. C’est votre empreinte transport. Documentez vos sources de données, vos calculs et la méthodologie utilisée. Cette traçabilité compte plus que le chiffre lui-même.
Une semaine de travail avec les bonnes données suffit.
Définissez une trajectoire réaliste pour 2030
Vous n’avez pas besoin de promettre la neutralité carbone ou une réduction de 50%. C’est intenable pour une PME exportatrice insulaire. Une trajectoire crédible ressemble à ça : baseline 2024 à X tonnes de CO2, objectif 2030 à -25%, avec deux actions concrètes comme optimiser le conditionnement pour réduire le poids de 10% et sourcer les emballages localement pour diminuer le Scope 3 amont de 15%.
Documentez qui pilote cette trajectoire dans votre entreprise, avec quel budget, et comment vous allez suivre les progrès chaque année.
Créez votre dossier de preuves réutilisable
Vos clients vont vous demander les mêmes informations : Bilan Carbone, politiques RSE, certifications. Au lieu de répondre à chaque questionnaire en mode pompier, créez un dossier central qui contient votre Bilan Carbone complet en PDF avec la méthodologie, votre calcul Scope 3 transport ventilé par produit dans un fichier Excel, votre politique environnementale formalisée sur une page, et votre trajectoire de décarbonation 2030 sur une autre page.
Une semaine de travail concentré pour créer ce dossier. Ensuite vous répondez à n’importe quel questionnaire ESG client en 2 heures pour les 3 prochaines années.
La Lucidité Durable
Face à ces exigences ESG, la tentation est grande de survendre vos engagements, de promettre la neutralité carbone, de multiplier les indicateurs pour impressionner. Ne faites pas ça. Les clients soumis à la CSRD sont audités par des cabinets externes. Ils veulent du factuel, du documenté, du vérifiable. Pas du greenwashing.
L’approche Novéthica part de ce que vous faites déjà. Vous avez plus de RSE que vous ne croyez. On mesure l’essentiel, pas 50 KPI que personne ne suit. On documente ce qui est vérifiable : preuves, méthodologie, traçabilité. Résultat : vous répondez aux exigences de vos clients sans vous inventer une fausse trajectoire.
Votre situation est unique
Les trois étapes ci-dessus sont un cadre général, mais chaque PME réunionnaise a ses spécificités. Votre secteur, vos clients, vos volumes d’export, votre maturité RSE actuelle changent tout.
Réservez un échange exploratoire de 30 minutes pour clarifier quelles obligations s’appliquent vraiment à vous, identifier vos clients à risque prioritaires, et définir un plan d’action proportionné à votre taille. Sans engagement, confidentiel.