Foire aux questions

Des questions clés sur la RSE, l'ESG, les marchés publics, la CSRD, l'export et les certifications

Non. Les deux désignent des approches complémentaires mais distinctes. La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est une démarche volontaire : l’entreprise décide d’intégrer des engagements sociaux, environnementaux et économiques dans son activité, au-delà de ses obligations légales.

L’ESG (Environnement, Social, Gouvernance) désigne un cadre de critères utilisés principalement par les investisseurs et les régulateurs pour évaluer la performance extra-financière d’une entreprise. En résumé : la RSE, c’est ce que l’entreprise fait. L’ESG, c’est comment on l’évalue.

Directement ou indirectement, oui.

Les grandes entreprises européennes soumises à la CSRD doivent évaluer et reporter les pratiques ESG de toute leur chaîne de valeur, y compris leurs fournisseurs, sous-traitants et prestataires.

Si vous travaillez avec ces grands comptes, ou si vous répondez à des marchés publics, vous êtes déjà dans le périmètre ESG d’un autre acteur. Ignorer l’ESG, c’est risquer d’être progressivement évincé de certains appels d’offres ou de perdre des clients.

L’ISO 26000 est une norme internationale de référence sur la responsabilité sociétale. Elle définit 7 questions centrales : gouvernance, droits de l’homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, consommateurs, communautés et développement local.

Contrairement aux autres normes ISO (14001, 45001), l’ISO 26000 n’est pas certifiable : elle sert de cadre structurant pour concevoir et piloter une démarche RSE cohérente. C’est une référence, pas un label.

Oui. Si vous répondez à des appels d’offres publics, vos clients acheteurs doivent désormais évaluer vos offres sur un critère environnemental.

Pour rester compétitif, vous devrez justifier vos pratiques : émissions, gestion des déchets, consommation d’énergie, matériaux utilisés.

Les entreprises qui n’auront pas anticipé cet exercice risquent d’être éliminées, même à offre technique équivalente.

Ce changement concerne environ 200 milliards d’euros de commandes publiques par an en France.

La loi laisse délibérément une souplesse aux acheteurs : elle n’impose pas une liste fermée. En pratique, les critères varient selon la nature du marché : empreinte carbone, politique énergie, proportion de matériaux recyclés, gestion des déchets de chantier, certifications environnementales (ISO 14001, etc.).

La Direction des Affaires Juridiques de Bercy a publié en mars 2025 une clause environnementale et sociale pour aider les acheteurs à formuler des critères adaptés.

Oui, dans des cas limitativement énumérés par le Code de la commande publique : urgence impérieuse, marché sans incidence environnementale pertinente, et quelques autres hypothèses encadrées.

L’acheteur doit justifier ces dérogations par écrit dans son rapport de présentation.

Ces exceptions sont conçues pour rester marginales. Pour la grande majorité des marchés, l’intégration d’un critère environnemental sera obligatoire.

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive, adoptée en 2022) impose un reporting détaillé selon les normes ESRS : émissions de GES, biodiversité, consommation d’eau, conditions de travail, diversité, éthique des affaires, droits humains dans la chaîne de valeur, entre autres.

Ce reporting doit être audité par un tiers indépendant et intégré au rapport annuel de l’entreprise. Le périmètre s’est élargi progressivement depuis 2024 pour toucher environ 50 000 entreprises européennes à terme.

Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) sont les normes européennes qui définissent le contenu obligatoire du reporting CSRD.

Adoptées en juillet 2023, elles sont organisées en deux normes transversales (ESRS 1 et ESRS 2) et des normes thématiques : environnement (E1 à E5, couvrant le climat, la biodiversité, l’eau, la pollution, les ressources circulaires), social (S1 à S4, couvrant les travailleurs propres, la chaîne de valeur, les communautés, les consommateurs) et gouvernance (G1).

Oui — et ils le font de plus en plus. Les grands groupes européens soumis à la CSRD et à la directive CSDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive) ont l’obligation de gérer les risques ESG sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.

Concrètement : questionnaires ESG dans les processus d’achat, audits fournisseurs, exigences de certification (EcoVadis, ISO 14001). Refuser de s’y conformer, c’est accepter d’être progressivement exclu de ces chaînes d’approvisionnement.

Pas pour les principales filières d’exportation de La Réunion. L’EUDR (EU Deforestation Regulation) interdit la mise sur le marché européen de produits issus de la déforestation.

Elle concerne 7 commodités : soja, huile de palme, bois, cacao, café, caoutchouc et bétail. Le sucre, le rhum, le poisson et les fruits tropicaux, principales exportations réunionnaises, ne figurent pas dans cette liste. Cette réglementation ne s’applique donc pas aux filières réunionnaises concernées à ce stade.

Oui, sur plusieurs points.

L’insularité génère des contraintes spécifiques : dépendance aux importations, coûts logistiques élevés, marché local limité. Mais elle crée aussi des avantages RSE distinctifs.

La Réunion atteignait environ 92,5% d’énergie renouvelable en 2024, ce qui constitue un avantage carbone significatif pour les entreprises locales.

L’ancrage territorial : sourcing local, emploi insulaire, partenariats avec les acteurs du territoire est une composante RSE réelle et valorisable.

Indirectement, oui.

La RSE n’est pas un critère d’attribution automatique de subventions. En revanche, plusieurs dispositifs publics intègrent des critères de responsabilité sociale et environnementale dans leurs conditions d’éligibilité ou de notation.

C’est le cas de certains appels à projets FEDER, de programmes de développement économique régionaux, et désormais des marchés publics. Une démarche RSE documentée renforce la crédibilité d’un dossier quelle qu’en soit la nature.

EcoVadis est la plateforme de notation RSE la plus utilisée dans les achats responsables à l’échelle mondiale. Plus de 130 000 entreprises dans 180 pays y sont évaluées sur quatre thématiques : Environnement, Social et Droits Humains, Éthique, Achats Responsables.

L’évaluation produit un score sur 100 et attribue une médaille, Bronze, Silver, Gold ou Platinum selon le positionnement de l’entreprise par rapport à l’ensemble des entreprises évaluées dans son secteur et sa région.

Cela dépend des donneurs d’ordre.

La médaille Silver (score 55+, top 15% des entreprises évaluées) représente le niveau minimum exigé par une majorité de grands comptes.

La médaille Gold (score 65+, top 5%) est de plus en plus demandée par les groupes soumis à la CSRD.

La médaille Platinum (score 75+, top 1%) est un positionnement d’excellence.

Pour une première certification, Silver est l’objectif réaliste ,Gold et Platinum s’atteignent dans une trajectoire pluriannuelle.

Par un diagnostic.

Avant de définir des objectifs ou de rédiger des politiques, il faut savoir où on en est : quelles pratiques existent, lesquelles sont documentées, quelles sont les lacunes.

Un diagnostic RSE structuré couvre les dimensions environnementales et sociales, analyse les obligations réglementaires applicables à votre secteur et votre taille, et produit une feuille de route priorisée.

C’est la base sans laquelle toute démarche RSE risque d’être superficielle ou mal ciblée.

Ça dépend du consultant. Une démarche RSE bien conduite vise à rendre l’entreprise autonome : former les équipes internes, documenter les processus, construire des outils de pilotage maîtrisables en interne.

Un accompagnement qui ne transfère pas de compétences, qui produit des documents que personne en interne ne comprend, ou qui revient chaque année pour refaire les mêmes choses, c’est un mauvais accompagnement.

La question à poser à tout prestataire RSE : « À la fin de la mission, que sommes-nous capables de faire seuls ? »

La RSE dans son sens strict est une démarche volontaire. Aucune loi n’oblige une entreprise à « faire de la RSE ». En revanche, plusieurs réglementations imposent des obligations proches : reporting extra-financier (CSRD), critères environnementaux dans les marchés publics (loi Climat), devoir de vigilance pour les grandes entreprises.

Ce qui était hier une démarche volontaire devient progressivement une obligation légale pour les entreprises dépassant certains seuils. L’argument « la RSE ne nous concerne pas » devient difficile à tenir.

C’est un principe central de la réglementation CSRD. Il impose aux entreprises d’analyser deux directions simultanément : d’une part, comment leurs activités affectent les personnes et l’environnement (matérialité d’impact) ; d’autre part, comment les enjeux environnementaux et sociaux affectent leur performance financière (matérialité financière).

Une entreprise qui regarde uniquement l’un des deux angles produit une analyse incomplète et un rapport non conforme aux normes ESRS.

À partir du 22 août 2026 au plus tard, tous les acheteurs publics, État, collectivités, hôpitaux, établissements publics sont légalement obligés d’intégrer au moins un critère environnemental dans l’attribution de leurs marchés.

Le prix seul ne peut plus suffire. Pour les marchés dépassant les seuils européens de procédure formalisée, des clauses sociales (emploi, insertion) sont également obligatoires dans les conditions d’exécution.

Ces dispositions sont issues de l’article 35 de la loi Climat et Résilience n°2021-1104 du 22 août 2021, qui modifie le Code de la commande publique.

Non. La loi met fin à la possibilité d’attribuer un marché sur le seul critère du prix.

Si un acheteur public retient un critère unique, ce critère doit obligatoirement être le coût global, en intégrant des caractéristiques environnementales, sociales… : consommation d’énergie, cycle de vie des produits, gestion des déchets, externalités environnementales.

Cette disposition modifie directement l’article L.2152-7 du Code de la commande publique.

Vos offres seront évaluées sur des critères auxquels vous ne pourrez pas répondre de façon documentée.

Sans données environnementales, sans politique formalisée, sans indicateurs chiffrés, vos réponses aux appels d’offres seront moins solides que celles d’entreprises préparées, même si votre offre technique est meilleure.

La formalisation d’une démarche RSE n’est pas une formalité administrative : c’est un avantage concurrentiel direct dans les marchés publics post-août 2026.

Pas directement, pour la plupart. La CSRD s’applique d’abord aux grandes entreprises européennes (plus de 500 salariés pour les premières concernées à partir de l’exercice 2024).

Les PME réunionnaises ne sont pas directement soumises au reporting CSRD. En revanche, elles le sont indirectement : les grandes entreprises soumises à la CSRD doivent reporter sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.

Si vous êtes fournisseur ou prestataire d’un groupe soumis à la CSRD, ce groupe vous demandera des informations ESG. C’est l’effet cascade.

Parce qu’il est probablement soumis à la CSRD, ou à des exigences comparables de ses propres investisseurs ou clients. Les normes ESRS imposent de couvrir les impacts ESG sur l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris les fournisseurs et sous-traitants.

Votre client n’a pas le choix : il doit collecter ces données. Vous avez le choix d’y répondre sérieusement ou de laisser vos concurrents le faire à votre place.

Une norme simplifiée pour les PME, la VSME (Voluntary Standard for SMEs), a été développée. Elle n’est pas obligatoire mais constitue un cadre de référence que les grandes entreprises utilisent pour collecter des données ESG auprès de leurs fournisseurs PME.

Pour les PME cotées, des obligations allégées sont prévues, mais leur calendrier a été revu à plusieurs reprises. La situation réglementaire est en évolution : l’essentiel est de se préparer, pas d’attendre une échéance certaine.

L’effet cascade décrit la transmission des exigences ESG depuis les grandes entreprises soumises à la CSRD vers leurs fournisseurs qui n’y sont pas directement soumis.

Quand une grande entreprise européenne doit reporter sur sa chaîne de valeur, elle se retourne donc vers ses fournisseurs pour collecter les données nécessaires. Le fournisseur ou exportateur réunionnais ressent cet effet cascade directement, même s’il n’est pas lui-même soumis à la CSRD.

En produisant des preuves documentées, pas des déclarations. Un acheteur soumis à la CSRD a besoin de données vérifiables.

Les éléments les plus valorisables : une note EcoVadis, une certification ISO 14001, un bilan carbone vérifié, une politique sociale documentée avec indicateurs.

L’ancrage réunionnais : emploi local, approvisionnement insulaire, mix énergétique à 92,5% renouvelable en 2024 est un avantage ESG réel, à condition d’être formalisé et traduit dans un langage compréhensible par vos clients européens.

Le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) finance des projets de développement économique dans les régions européennes, dont La Réunion.

Certains appels à projets FEDER intègrent des critères RSE dans leurs conditions d’éligibilité ou de sélection. Une entreprise capable de démontrer une démarche RSE structurée avec des indicateurs et des politiques formalisées renforce la qualité de son dossier de candidature. C’est NEXA qui instruit principalement les dossiers FEDER à La Réunion.

Oui et sans attendre d’être grande. La RSE n’est pas réservée aux grands groupes. Ce que fait une PME réunionnaise: employer localement, s’approvisionner dans l’économie insulaire, contribuer au tissu associatif local, gérer ses déchets, maintenir de bonnes conditions de travail correspond souvent déjà à des pratiques RSE.

Le travail consiste à les identifier, les formaliser, les mesurer et les valoriser. C’est un investissement proportionné, pas une usine à gaz.

Elle sert à répondre à la demande croissante de justification ESG des donneurs d’ordre publics et privés. De nombreux grands comptes conditionnent l’accès à leurs appels d’offres à un score EcoVadis minimum.

La médaille documente vos pratiques RSE de façon crédible, vérifiable et comparable à l’échelle internationale.

Pour les entreprises réunionnaises qui exportent ou travaillent avec des groupes soumis à la CSRD, c’est souvent la voie la plus directe pour répondre aux exigences ESG de leurs clients.

Les certifications ISO 14001 pour l’environnement ou ISO 45001 pour la santé et sécurité au travail sont des normes de système de management : elles attestent qu’une organisation a mis en place des processus conformes à un référentiel précis.

L’ISO 26000 est différente. C’est une norme de lignes directrices sur la responsabilité sociétale, non certifiable, qui sert de cadre structurant mais n’aboutit à aucune certification.

EcoVadis est une évaluation de performance RSE globale, comparative et sectorielle.

Ces approches sont complémentaires : des certifications ISO constituent des preuves solides dans un dossier EcoVadis. Avoir l’une ne dispense pas de l’autre et inversement.

En ne communiquant que sur ce qui est vérifiable. Le greenwashing naît de l’écart entre les affirmations et les preuves.

Les règles pratiques : ne pas utiliser de termes vagues sans définition précise (« entreprise responsable », « démarche durable ») ; ne communiquer que sur des engagements mesurés et documentés ; distinguer clairement ce que vous faites aujourd’hui de ce que vous visez demain.

La directive européenne Green Claims va rendre ces pratiques non seulement trompeuses, mais illégales.